La promesse du VAR, lors de son introduction en Premier League, était simple : éliminer les erreurs évidentes, restaurer l’équité et améliorer l’intégrité du jeu. Pourtant, après des années de mise en œuvre, la réalité semble obstinément en contradiction avec la vision. Au lieu de clarté, règne la confusion. Au lieu de cohérence, il y a contradiction. Et au lieu de supprimer la controverse, VAR l’a sans doute institutionnalisée.
La semaine dernière a été un rappel brutal, presque brutal, des échecs du système. Deux incidents distincts – les buts controversés de Manchester United contre Liverpool et Nottingham Forest, et le traitement indulgent de Kai Havertz pour un tacle dangereux contre Burnley – ont relancé un débat qui refuse de s’effacer.
Les excuses de la forêt : trop tard, trop familière
L’accusation la plus claire contre les lacunes du VAR est arrivée à Old Trafford, où la victoire 3-2 de Manchester United sur Nottingham Forest a été éclipsée par une erreur flagrante d’arbitrage. Le deuxième but de United, inscrit par Matheus Cunha, a été maintenu malgré la preuve évidente que Bryan Mbeumo avait manipulé le ballon lors de la préparation.
Il ne s’agissait pas d’un incident invisible ou d’un angle de caméra inconfortable. VAR a identifié l’infraction potentielle et a même recommandé un examen au bord du terrain. Pourtant, l’arbitre Michael Salisbury, après avoir consulté le moniteur, a choisi d’annuler l’avis et de laisser le but maintenu, estimant que le handball était accidentel.
L’indignation qui a suivi a été immédiate – et justifiée. Ce qui rend cet épisode particulièrement accablant, c’est ce qui s’est passé ensuite. Le Professional Game Match Officials Limited (PGMOL) a admis l’erreur et s’est excusé auprès de Nottingham Forest, reconnaissant que le but aurait dû être refusé.
Mais les excuses ne changent pas les résultats. Nottingham Forest a perdu le match, leur série d’invincibilité a pris fin et leurs griefs ont rejoint une liste croissante d’équipes laissées les mains vides malgré les aveux ultérieurs d’erreurs d’arbitrage.
Ce cycle – erreur, indignation, excuses – est devenu une caractéristique bien trop familière du paysage de la Premier League. Cela soulève une question fondamentale : à quoi sert le VAR si, même avec son intervention, des erreurs flagrantes persistent ?
Confusion du handball : une loi sans sens
L’incident de Forest a également révélé un autre problème chronique : l’incohérence de la loi sur le handball telle qu’elle est appliquée dans l’élite anglaise. Même les joueurs et les managers admettent ouvertement qu’ils ne comprennent pas ce qu’est un handball.
Le gestionnaire forestier Vitor Pereira a clairement exprimé cette confusion, insistant sur le fait que « nous ne savons pas ce qu’est le handball ou pas » et appelant à une plus grande clarté dans la prise de décision.
Lorsque le VAR a été introduit, on s’attendait à ce qu’il standardise les décisions. Au contraire, elle a amplifié les ambiguïtés de lois déjà subjectives. La distinction entre « accidentel » et « délibéré », ou entre positions naturelles et non naturelles des bras, reste plus floue que jamais – seulement maintenant, les décisions sont scrutées image par image, amplifiant toute incohérence perçue.
Arsenal et l’incident de Havertz : le problème du seuil
Si la controverse Forest concernait un but qui n’aurait pas dû être retenu, la victoire étroite d’Arsenal 1-0 sur Burnley a soulevé des questions sur la sécurité des joueurs et sur la réticence du VAR à intervenir.
Kai Havertz, après avoir marqué le but vainqueur, a échappé à un carton rouge pour un défi de haut niveau sur Lesley Ugochukwu. L’arbitre – Paul Tierney en cette occasion – n’a émis qu’un carton jaune, une décision que VAR a examinée mais finalement confirmée, estimant que le tacle n’atteignait pas le seuil d’un « jeu déloyal grave ».
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Ce jugement a été largement contesté. Les experts ont qualifié le défi de « vicieux », arguant que Havertz a eu la chance de rester sur le terrain.
C’est là que réside un autre défaut dans l’application du VAR : le soi-disant « seuil » d’intervention. Le système est conçu pour corriger des erreurs « claires et évidentes », mais cette expression est devenue un bouclier derrière lequel les responsables peuvent éviter de procéder à des corrections décisives. Quand une faute est-elle « clairement » suffisamment dangereuse pour justifier un carton rouge ? Quand l’erreur d’un arbitre est-elle suffisamment « évidente » pour être annulée ?
Le manque de réponses cohérentes a conduit à des résultats extrêmement divergents pour des incidents similaires, érodant encore davantage la confiance dans le système.
Un modèle, pas une anomalie
Il serait tentant de considérer ces incidents comme des erreurs isolées – des erreurs humaines inévitables que le VAR, malgré sa sophistication, ne peut pas entièrement éliminer. Mais cet argument s’effondre sous le poids de l’histoire.
L’arbitrage de la Premier League est en proie à des controverses sur le VAR depuis sa création. Le PGMOL a présenté à plusieurs reprises ses excuses pour des décisions incorrectes, allant de handballs manqués à des buts refusés à tort.
L’un des incidents les plus tristement célèbres concerne le but refusé de Liverpool par Luis Díaz, où une rupture de communication entre les officiels a entraîné l’exclusion à tort d’un but légitime – une autre erreur reconnue plus tard par les autorités.
Même les critiques officielles ont reconnu que le VAR est loin d’être parfait. Au cours des saisons précédentes, de multiples erreurs – y compris des interventions incorrectes et des interventions manquées – ont été officiellement enregistrées, mettant en évidence des problèmes persistants liés à la cohérence et à l’exécution du système.
L’effet cumulatif n’est pas seulement de la frustration, mais aussi de la fatigue. Les fans, les joueurs et les managers ne sont plus choqués par les controverses du VAR ; ils les attendent.
Le paradoxe de la précision
L’aspect le plus troublant du VAR en Premier League est peut-être le paradoxe qu’il a créé. Le système a été introduit pour accroître la précision et, statistiquement, il a peut-être réussi dans une certaine mesure. Pourtant, la perception de l’équité a sans doute décliné.
En effet, le VAR a changé la nature des attentes en matière d’arbitrage. Chaque décision est désormais soumise à un examen microscopique et chaque incohérence est immédiatement amplifiée. Ce qui aurait pu autrefois être considéré comme un appel marginal est désormais disséqué sans fin, révélant souvent des contradictions dans la manière dont des incidents similaires sont jugés.
De plus, l’implication du VAR n’a pas simplifié la prise de décision – elle l’a compliquée. Les arbitres doivent interpréter non seulement les lois du jeu, mais aussi la manière dont ces lois doivent être appliquées en conjonction avec la technologie vidéo, ce qui conduit à des hésitations et, parfois, à des jugements contradictoires.
Un jeu perd son rythme – et sa confiance
Au-delà des erreurs individuelles, le VAR a également modifié le rythme du jeu. De longs retards, des examens interminables et l’incertitude quant à la tenue d’un but ont perturbé la spontanéité qui rend le football convaincant.
Mais le problème le plus profond est celui de la confiance. Chaque décision controversée mine la crédibilité des officiels et de la compétition elle-même. Lorsque les supporters croient que les résultats sont influencés par des décisions incohérentes ou inexplicables, l’intégrité du sport est remise en question.
La Premier League est largement considérée comme la meilleure ligue du monde – une compétition définie par son intensité, son imprévisibilité et son attrait mondial. Pourtant, le dysfonctionnement persistant du VAR menace de nuire à cette réputation.
Conclusion : un système à réformer
Les récents incidents impliquant Manchester United et Arsenal ne sont pas des anomalies ; ce sont les symptômes d’un problème systémique plus large. Le VAR, dans sa forme actuelle, n’offre pas la clarté et la cohérence promises.
La réforme n’est plus facultative : elle est essentielle. Qu’il s’agisse de simplifier les lois, d’améliorer la communication entre les fonctionnaires ou de redéfinir complètement le rôle du VAR, quelque chose doit changer.
Car dans l’état actuel des choses, l’outil d’équité le plus puissant de la Premier League est devenu l’une de ses plus grandes sources de controverse. Et pour une ligue qui se targue d’excellence, cela n’est tout simplement pas suffisant.

